La tempête Joachim a causé l’échouage d’un cargo dans le Morbihan, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le navire est immobilisé à 50 mètres en face de la plage de Kerminihy, à une dizaine de kilomètres d’Auray.

 

Coincé devant la plage

 

Les 19 membres d’équipage de ce navire de commerce, transportant du fuel et du gasoil, battant pavillon maltais, ont été évacués par hélicoptère de la marine nationale sur la base militaire de Lann-Bihoué.

 

Selon la Préfecture maritime, la pollution est limitée. Le parquet de Brest a ouvert une enquête judiciaire.

 

Le cargo s’était mis à l’abri vers Groix avant la tempête, mais il a dérivé. Il se trouve, actuellement, à 50 mètres de la plage d’Erdeven. Il contient 180 tonnes de fuel et 40 tonnes de gasoil. L’une de ses cuves a été abîmée. Elle fuit : la plage est polluée sur environ un kilomètre de long, sur 5 ou 6 mètres.

« Rien à voir avec l’Erika »

Des mesures ont été prises pour protéger les parcs ostréicoles voisins. Une expertise du navire aura lieu vers 9 h. Que faire du fuel et du gasoil ? Le pomper ou le transvaser dans l’autre cuve en état ? Le plan Polmar terre a été déclenché par le préfet du Morbihan.

 

« Nous allons nettoyer la plage très vite, souligne le préfet. Une trentaine de sapeurs pompiers seront mobilisés. Du personnel de la sécurité civile a été demandé en renfort. Attention : cela n’a rien à voir avec l’Erika ! » Le remorqueur Abeille Bourbon, basé à Brest, sera sur zone vers 10 h. Les 19 hommes, formant l’équipage du cargo, ont été hélitreuillés et transportés à Lann-Bihoué.

Il y a un « risque de boulettes circonscrit à la zone proche du bateau » qui se trouve sur le sable couché sur le flanc, cap au sud, « avec une brèche côté bâbord, c’est-à-dire côté plage », a déclaré Marc Gander, chargé de communication à la préfecture maritime de l’Atlantique.

 

La disposition du bateau, qui contenait 180 tonnes de fuel et 40 tonnes de gazole, implique que le carburant va se répandre sur la plage : « c’est du fuel de propulsion, un peu moins lourd que le gasoil, mais ce n’est pas le fuel lourd de l’Erika », a dit le capitaine de frégate Marc Gander.

 

À marée haute, les premiers survols aériens ont permis de repérer « une nappe de 5 mètres de large sur un peu moins d’un kilomètre, juste à côté du bateau sur la plage », a-t-il précisé. « La marée descend, on ne va pas tarder à arriver à basse mer » et de nouveaux survols aériens permettront d’évaluer l’ampleur des dégâts, a-t-il ajouté.

 

Ainsi, la ria d’Etel est polluée, et des nappes d’hydrocarbures sont signalées à Belz et Locoal-Mendon.

Ouverture d’une enquête judiciaire

 

Le parquet de Brest a ouvert une enquête judiciaire et l’a confiée à la section de recherche de la gendarmerie maritime à Brest. L’enquête devra chercher à déterminer les causes du naufrage et tout ce qui est relatif à l’étendue de la pollution.

 

L’enquête devra notamment établir s’il était « opportun ou pas d’appareiller », a indiqué vendredi le capitaine de frégate Marc Gander, le chargé de communication de la préfecture maritime de l’Atlantique.

 

NKM sur place

 

La ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet va se rendre sur place. Elle sera« à 12 h 15 sur la plage de Kerminihy » et « à 13 h 00 au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d’Etel qui coordonne les opérations et a organisé le sauvetage de l’équipage », précise le communiqué du ministère.